Carte grammaticale du français — A1 à C2 · French Grammar Map

Une référence pédagogique interactive pour le français, des premiers mots à la maîtrise complète. Choisissez un niveau CECR, puis ouvrez n’importe quelle notion pour voir sa séquence pédagogique détaillée, des exemples et un entraînement de 40 questions.

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Akuété SEWA-DOVI

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FLE — Carte grammaticale A1–C2 avec séquences pédagogiques détaillées

Nominal Verbal Adjectival Pronominal Adverbial Discours Nombre

Index des notions — A1 à C2

Toutes les notions de la carte grammaticale, niveau par niveau. Ouvrez un niveau pour voir ses notions et le résumé de chacune, puis cliquez dans la carte ci-dessus pour la séquence pédagogique complète, les exemples et les 40 questions d’entraînement.

A1 — Découverte

Survie communicative · premiers contacts · formules fixes

Nominal & articles

  • Article défini (le, la, les) — Le, la, l’, les accompagnent un nom déjà connu, unique, ou pris au sens général. Le devant un masculin singulier, la devant un féminin singulier, l’ devant voyelle ou h muet, les devant tout pluriel. Le genre s’apprend en même temps que le nom.
  • Article indéfini (un, une, des) — Un, une, des présentent un être ou un objet non identifié, ou mentionné pour la première fois : un au masculin singulier, une au féminin singulier, des au pluriel des deux genres. Au singulier, il sert aussi à compter une unité.
  • Genre grammatical (M/F) — Tout nom français est masculin ou féminin, y compris les choses. Le genre ne s’entend presque jamais sur le nom lui-même : il se voit sur le déterminant et sur l’adjectif, qui s’accordent avec lui. On mémorise donc chaque nom avec son article.
  • Pluriel régulier en -s — Au pluriel, on ajoute -s au nom à l’écrit et on change le déterminant : le/la donne les, un/une donne des, mon/ma donne mes. À l’oral, c’est le déterminant qui porte l’information de nombre.
  • Noms de pays / nationalités — Les noms de pays ont un genre et prennent l’article : la France, le Portugal, les Pays-Bas. Pour situer, on emploie en devant un pays féminin ou commençant par une voyelle, au devant un masculin, aux devant un pluriel ; pour la provenance, de, du, des.

Verbal & temps

  • Être & avoir au présent — Être : je suis, tu es, il/elle est, nous sommes, vous êtes, ils/elles sont. Avoir : j’ai, tu as, il/elle a, nous avons, vous avez, ils/elles ont. Être identifie et décrit ; avoir exprime la possession, l’âge et les sensations physiques.
  • Verbes en -er (groupe 1) — On enlève -er de l’infinitif et on ajoute au radical : -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent. C’est le modèle de la grande majorité des verbes français. Les trois personnes du singulier et la 3e du pluriel se prononcent de façon identique.
  • Verbes en -ir (groupe 2, type finir) — Modèle finir : je finis, tu finis, il finit, nous finissons, vous finissez, ils finissent. Ces verbes intercalent -iss- aux trois personnes du pluriel. Le test sûr : leur participe présent se termine par -issant.
  • Aller / venir (irréguliers fréquents) — Aller : je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. Venir : je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, ils viennent. Aller indique la destination (aller à, en, au) et venir l’origine (venir de, du, des).
  • Verbes du 3e groupe fréquents (faire, prendre, dire) — Faire : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. Prendre : je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent. Dire : je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dites, ils disent.
  • Futur proche (aller + infinitif) — Le futur proche se construit avec aller au présent suivi de l’infinitif : je vais partir. Il annonce une action à venir, souvent proche ou déjà décidée. À la forme négative, ne… pas encadre seulement le verbe aller.
  • Passé composé (avoir/être + p.p.) — verbes courants — Passé composé = avoir ou être au présent + participe passé : j’ai mangé, je suis parti. La plupart des verbes prennent avoir. Être s’emploie avec les verbes de déplacement et de changement d’état (aller, venir, partir, naître) et le participe s’accorde alors avec le sujet.
  • Impératif (2e pers. tu/vous) — L’impératif reprend les formes du présent sans le pronom sujet : parle ! parlez ! finis ! finissez ! Il donne un ordre, un conseil ou une consigne. Négation : ne parle pas ! Être et avoir sont irréguliers : sois, soyez ; aie, ayez.

Adjectival & accord

  • Accord en genre (adjectif qualificatif) — L’adjectif prend le genre du nom qu’il qualifie. Règle générale : féminin = masculin + -e (grand → grande). Finales particulières : -eux devient -euse, -f devient -ve, -er devient -ère, -en devient -enne. Un adjectif déjà terminé par -e ne bouge pas.
  • Accord en nombre (-s) — L’adjectif prend aussi le nombre du nom : on ajoute -s au pluriel (des livres verts). Les adjectifs en -eau font -eaux et la plupart des adjectifs en -al font -aux. Quand l’adjectif qualifie un nom masculin et un nom féminin, il se met au masculin pluriel.
  • Place de l'adjectif (BANGS hors programme — introduire les adjectifs courants après le nom) — En français, l'adjectif se place normalement APRÈS le nom : une voiture rouge, un film intéressant. Seuls quelques adjectifs courts et très fréquents passent avant le nom : grand, petit, gros, beau, joli, jeune, vieux, bon, mauvais, nouveau. Dans les deux cas, l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom.
  • Adjectifs possessifs (mon, ma, mes...) — Le possessif remplace l'article et s'accorde avec l'objet possédé, jamais avec le possesseur. Un seul possesseur : mon / ma / mes, ton / ta / tes, son / sa / ses. Plusieurs possesseurs : notre / nos, votre / vos, leur / leurs. Au pluriel, une seule forme pour les deux genres.
  • Adjectifs démonstratifs (ce, cet, cette, ces) — Le démonstratif remplace l'article devant le nom pour montrer ou désigner quelque chose. Masculin singulier : ce livre, mais cet devant voyelle ou h muet (cet arbre, cet hôtel). Féminin singulier : cette table. Pluriel unique pour les deux genres : ces enfants. On peut ajouter -ci ou -là pour opposer deux éléments.
  • Adjectifs interrogatifs et exclamatifs (quel, quelle, quels, quelles) — Quel accompagne toujours un nom et s'accorde avec lui : quel (masc. sing.), quelle (fém. sing.), quels (masc. plur.), quelles (fém. plur.). Les quatre formes se prononcent de la même façon. Il sert à poser une question sur un choix ou une identité, et à exprimer l'admiration ou la surprise à l'exclamatif.

Pronominal

  • Pronoms sujets (je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles) — Le pronom sujet se place devant le verbe conjugué et en commande la terminaison : je, tu, il / elle / on, nous, vous, ils / elles. Je devient j' devant une voyelle ou un h muet. Tu s'adresse à une personne qu'on tutoie ; vous à plusieurs personnes ou à une personne qu'on vouvoie. Il et elle reprennent aussi les choses, selon le genre du nom.
  • Pronom on (valeur de nous) — On est un pronom sujet de 3e personne : il prend les mêmes formes verbales que il et elle. Dans la langue parlée, il remplace presque toujours nous : On part ! = Nous partons ! Il sert aussi à parler des gens en général, sans préciser qui. Quand on signifie nous, les possessifs restent ceux de nous : On prend notre voiture.
  • Pronoms toniques (moi, toi, lui, elle...) — Formes : moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux, elles. On les emploie après une préposition (avec moi, chez lui), pour insister ou opposer (Moi, je pars), après c'est (C'est elle), dans une comparaison (plus rapide que toi) et seuls, sans verbe, en réponse courte.

Adverbial & négation

  • Négation ne...pas — La négation a deux parties qui encadrent le verbe conjugué : ne + verbe + pas. Ne devient n' devant voyelle ou h muet. Les pronoms compléments restent entre ne et le verbe : Je ne le vois pas. Aux temps composés, pas se place avant le participe : Je n'ai pas compris. À l'oral familier, le ne tombe souvent.
  • Adverbes de fréquence (souvent, jamais, toujours) — Ces adverbes se placent après le verbe conjugué : Je vais souvent au cinéma. Aux temps composés, ils s'intercalent entre l'auxiliaire et le participe : J'ai toujours aimé lire. Échelle utile, du plus au moins fréquent : toujours, souvent, quelquefois, rarement, jamais. Les expressions longues se mettent en tête ou en fin de phrase.
  • Adverbes de lieu (ici, là, là-bas) — Ici désigne l'endroit où se trouve celui qui parle, là-bas un endroit éloigné, et là sert pour les deux. Ces adverbes se placent après le verbe (Je travaille ici) ou en fin de phrase. Ils se combinent avec des prépositions : par ici, jusque-là, là-haut. Avec c'est, ils répondent à la question où.

Syntaxe de base

  • Phrase déclarative (SVO) — L'ordre de base est sujet + verbe + complément : Marie mange une pomme. Le sujet précède toujours le verbe conjugué, et le complément d'objet direct suit immédiatement le verbe. Les compléments de temps et de lieu se placent en fin de phrase ou en tête. Cet ordre reste le même au pluriel et aux autres temps.
  • Phrase interrogative (intonation montante) — À l'oral, on transforme une phrase déclarative en question en montant simplement la voix à la fin : l'ordre des mots ne change pas. Tu viens. / Tu viens ? À l'écrit, seul le point d'interrogation marque la question. On répond par oui, par non, ou par si quand la question est négative.
  • Interrogation totale (intonation, est-ce que, inversion) — Une question totale porte sur toute la phrase et appelle oui, non ou si. Trois formes, du plus familier au plus soutenu : intonation (Tu pars ?), est-ce que + phrase normale (Est-ce que tu pars ?), inversion du verbe et du pronom sujet avec trait d'union (Pars-tu ?). Entre deux voyelles à l'inversion, on ajoute un t : Va-t-il ?
  • Il y a (présentation) — Il y a est une forme figée et impersonnelle qui signale l'existence de quelque chose dans un lieu. Elle ne change ni en genre ni en nombre : il y a un livre, il y a des livres. À la négation : il n'y a pas de + nom. À la question : Est-ce qu'il y a… ? ou Y a-t-il… ? Aux autres temps : il y avait, il y aura.
  • C'est / Ce sont — On emploie c'est devant un nom singulier et ce sont devant un nom pluriel, pour identifier ou présenter une personne ou une chose : C'est Julie. C'est un stylo. Ce sont mes voisins. Le nom est presque toujours précédé d'un déterminant. Négation : ce n'est pas, ce ne sont pas. Devant un adjectif seul, on garde toujours c'est.
  • Prépositions de lieu (à, en, au, aux, dans, sur, sous) — à + ville (à Lyon), en / au / aux + pays, chez + personne (chez Paul). Pour situer un objet : dans = à l'intérieur, sur = posé dessus, sous = en dessous. Seul à se contracte avec l'article : au cinéma, aux toilettes ; les autres prépositions ne changent jamais.

Nombre & quantité

  • Nombres cardinaux 0–100 — Formes de base : zéro à seize, puis dix-sept, dix-huit, dix-neuf. Dizaines : vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix, cent. On écrit « et un » sans trait d'union (vingt et un, soixante et onze) ; partout ailleurs, trait d'union : trente-deux.
  • Article partitif (du, de la, de l') — Le partitif présente une quantité qu'on ne compte pas : du pain (masculin), de la confiture (féminin), de l'eau (devant voyelle ou h muet), des épinards (pluriel). On l'emploie surtout après manger, boire, prendre, faire et il y a. À la forme négative, il se réduit à de ou d' : je ne bois pas de café.

A2 — Survie

Situations quotidiennes · décrire · narrer simplement

Nominal & articles

  • Article défini contracté (au, du) — Devant un nom masculin ou pluriel, les prépositions à et de fusionnent avec l'article défini : à + le = au, à + les = aux, de + le = du, de + les = des. La contraction est obligatoire, y compris à l'intérieur des locutions : à côté du parc, près des écoles, jouer au tennis, parler des vacances.
  • Noms composés courants — Un nom composé réunit deux mots qui n'en désignent qu'un seul : nom + nom (un wagon-lit), nom + préposition + nom (un sac à dos, une salle de bains), verbe + nom (un ouvre-boîte), adjectif + nom (une grand-mère). Le genre est celui du mot noyau, presque toujours le premier : un chou-fleur, une pomme de terre.

Verbal & temps

  • Les trois groupes de verbes (reconnaître et classer) — 1er groupe : infinitif en -er, nous parlons (aller excepté). 2e groupe : infinitif en -ir ET forme « nous » en -issons, participe présent en -issant (finir, nous finissons, finissant). 3e groupe : tout le reste — les -ir sans -iss- (partir, nous partons), les -re, les -oir, et aller.
  • Particularités orthographiques des verbes en -er (acheter, appeler, préférer, manger) — Le radical se modifie quand la terminaison ne s'entend pas (je, tu, il, ils, et tout le futur) : acheter → j'achète, appeler → j'appelle, préférer → je préfère. Les verbes en -ger et en -cer suivent la règle inverse : ils changent uniquement devant a et o, pour garder le son : nous mangeons, nous commençons.
  • Verbes en -ir du 3e groupe (partir, sortir, dormir, ouvrir) — Deux modèles. Type partir / sortir / dormir / servir : le singulier perd la consonne finale du radical (je pars, tu pars, il part) et le pluriel la retrouve (nous partons, vous partez, ils partent). Type ouvrir / offrir / souffrir : terminaisons du 1er groupe (j'ouvre, tu ouvres, il ouvre, nous ouvrons).
  • Verbes en -re du 3e groupe (attendre, mettre, écrire, lire) — Terminaisons communes : -s, -s, -t ou rien, -ons, -ez, -ent. Les verbes en -dre conservent le d et n'ajoutent rien à la 3e personne du singulier : j'attends, il attend, nous attendons. Les autres prennent bien un -t : il met, il écrit, il lit. Le pluriel fait souvent apparaître un radical plus long.
  • Imparfait de description — Formation : radical de la forme « nous » du présent + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient (nous finissons → je finissais ; nous prenons → tu prenais). Seul être est irrégulier : ét-. On l'emploie pour décrire un décor, un temps, un état, un âge ou une habitude du passé, sans en marquer le début ni la fin.
  • Passé composé étendu (accord p.p.) — Avec être (aller, venir, partir, rester, naître, monter…), le participe s'accorde avec le sujet : elle est partie, ils sont venus, elles sont restées. Avec avoir, il reste invariable, sauf lorsque le complément d'objet direct est placé avant le verbe : les films que j'ai vus, je les ai pris.
  • Verbes pronominaux (se lever, se coucher...) — Le pronom réfléchi suit le sujet : je me lève, tu te lèves, il se lève, nous nous levons, vous vous levez, ils se lèvent. Il se place devant le verbe conjugué, ou devant l'infinitif : je vais me coucher. Au passé composé, l'auxiliaire est toujours être : je me suis levé, elle s'est levée.
  • Vouloir / pouvoir / devoir (modaux) — Trois verbes irréguliers bâtis sur le même moule : je veux / peux / dois, tu veux / peux / dois, il veut / peut / doit, nous voulons / pouvons / devons, ils veulent / peuvent / doivent. Ils sont suivis directement de l'infinitif, sans préposition : vouloir = la volonté, pouvoir = la capacité ou la permission, devoir = l'obligation.
  • Conditionnel présent (politesse & hypothèse simple) — Formation : radical du futur + terminaisons de l'imparfait (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient) : je parlerais, tu irais, il ferait, nous pourrions, vous voudriez, ils seraient. Deux emplois : la politesse (je voudrais un café, pourriez-vous m'aider ?) et l'hypothèse, avec si + imparfait dans l'autre proposition.
  • Savoir / connaître (distinction) — Connaître est toujours suivi d'un nom : une personne, un lieu, une œuvre (je connais ta sœur, je connais Lyon). Savoir introduit une information ou une compétence : savoir que, savoir si, savoir où, ou savoir + infinitif (je sais nager). Conjugaison : je sais, nous savons ; je connais, nous connaissons.
  • Verbes impersonnels (il faut, il pleut, il vaut mieux) — Un verbe impersonnel se conjugue seulement à la 3e personne du singulier, avec un « il » qui ne désigne personne. On l’emploie pour la météo (il pleut, il neige, il fait froid), pour l’obligation (il faut + nom ou infinitif, il faut que + subjonctif) et pour le conseil (il vaut mieux + infinitif).

Adjectival & accord

  • Comparatif (plus/moins/aussi... que) — Avec un adjectif ou un adverbe : plus / moins / aussi + adjectif ou adverbe + que. Avec un nom : plus de / moins de / autant de + nom + que. Avec un verbe : verbe + plus / moins / autant que. L’adjectif s’accorde avec le nom qu’il qualifie ; le second terme est toujours introduit par « que ».
  • Superlatif (le plus / le moins) — Le superlatif se forme avec le / la / les + plus ou moins + adjectif, l’article s’accordant avec le nom : la ville la plus chère. Le groupe de référence est introduit par « de » : le plus grand de la classe. Devant un adverbe, l’article reste invariable : elle court le plus vite.
  • Comparatifs et superlatifs irréguliers (meilleur, mieux, pire) — bon devient meilleur, et le superlatif est le meilleur. bien devient mieux, superlatif le mieux. mauvais devient plus mauvais ou pire (le pire), mal devient plus mal ou pis. meilleur est un adjectif et s’accorde (meilleure, meilleurs, meilleures) ; mieux est un adverbe et ne change jamais de forme.
  • Adjectifs indéfinis (quelques, plusieurs, chaque, tout) — quelques + nom pluriel indique un petit nombre ; plusieurs + nom pluriel a une forme unique ; chaque + nom singulier s’emploie sans autre déterminant ; tout / toute / tous / toutes se place devant un déterminant + nom. Seul « tout » varie en genre et en nombre, les autres gardent leur forme.

Pronominal

  • Pronoms COD (le, la, les) — le, la, les remplacent un nom complément direct, c’est-à-dire un nom qui suit le verbe sans préposition. Le pronom se place devant le verbe conjugué, ou devant l’infinitif quand il y en a un. Seule exception : à l’impératif affirmatif, il se place après le verbe avec un trait d’union.
  • Pronoms COI (lui, leur) — lui et leur remplacent « à + personne » : lui pour une seule personne, masculin ou féminin, leur pour plusieurs. La série complète est me, te, lui, nous, vous, leur. Le pronom se place devant le verbe conjugué ou devant l’infinitif ; à l’impératif affirmatif, il suit le verbe : parle-lui.
  • Pronom y (lieu & COI indirects) — y remplace un complément de lieu introduit par à, en, dans, sur, sous ou chez : je vais à Paris → j’y vais. Il remplace aussi « à + chose » après des verbes comme penser à, réfléchir à, jouer à, s’intéresser à. Il se place devant le verbe conjugué, ou devant l’infinitif qui le régit.
  • Pronom en (quantité & partitif) — en remplace un groupe introduit par de : les partitifs du, de la, des, mais aussi « de + nom » après des verbes comme parler de, avoir besoin de, venir de. Avec une quantité, le nombre ou l’expression de quantité est répété après le verbe : j’en ai trois, j’en veux beaucoup.

Adverbial & négation

  • Négations composées (ne...plus, ne...rien, ne...jamais, ne...personne) — La négation encadre le verbe conjugué : ne (n’ devant une voyelle) + verbe + plus, rien, jamais ou personne. Chacune a son contraire positif : encore → ne... plus, quelque chose → ne... rien, déjà ou toujours → ne... jamais, quelqu’un → ne... personne. On n’ajoute jamais « pas » avec ces mots.
  • Adverbes de temps (hier, demain, maintenant, il y a...) — Les adverbes de temps situent l’action : avant-hier, hier, aujourd’hui, demain, après-demain, maintenant, tout à l’heure, déjà, encore, et « il y a » + durée pour un moment passé. Ils se placent en tête ou en fin de phrase ; aux temps composés, les adverbes courts s’intercalent entre l’auxiliaire et le participe.
  • Tout, très, bien comme adverbes d'intensité — très se place devant un adjectif ou un adverbe : très fatigué, très vite. bien peut le remplacer avec une nuance plus expressive : bien content. tout devant un adjectif signifie « entièrement » et reste invariable, sauf devant un féminin commençant par une consonne : toute rouge, toutes seules.

Syntaxe & connecteurs

  • Connecteurs temporels (puis, ensuite, après, avant de + inf.) — Pour ordonner un récit : d’abord, puis, ensuite, après, enfin. puis et ensuite se placent seuls devant la proposition suivante. après est suivi d’un nom (après le repas) ou d’un infinitif passé (après avoir mangé), tandis que avant de est suivi d’un infinitif présent : avant de partir.
  • Prépositions de temps (depuis, pendant, il y a, dans, en, pour) — depuis marque le point de départ d’une action qui dure encore ; pendant donne la durée complète d’une action achevée ; il y a situe un moment révolu ; dans annonce un moment à venir ; en indique le temps nécessaire pour accomplir quelque chose ; pour annonce une durée prévue à l’avance.
  • Connecteurs logiques (parce que, donc, mais, alors) — parce que introduit la cause et répond à la question « pourquoi » ; il relie deux propositions et ne peut pas ouvrir une phrase isolée. donc et alors introduisent la conséquence, alors étant plus courant à l’oral. mais oppose deux éléments de même nature et se place entre eux.
  • Interrogation avec pronoms (qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien) — Le mot interrogatif se place en tête, suivi de « est-ce que » ou de l'inversion sujet-verbe ; à l'oral, il peut rester en fin de phrase avec l'ordre normal. « Qui » désigne une personne, « que » une chose devant le verbe, « quoi » une chose après une préposition ou en fin de phrase.
  • Subordonnée relative (qui, que) — « Qui » reprend le sujet du verbe qui suit et n'est jamais élidé ; « que » reprend le complément d'objet direct et s'élide en « qu' » devant une voyelle. Après « que » on trouve toujours un autre sujet, après « qui » vient directement le verbe.

Nombre & quantité

  • Nombres ordinaux (premier, deuxième...) — On ajoute -ième au nombre cardinal : trois → troisième, dix → dixième. Le e final tombe (quatre → quatrième), cinq prend un u (cinquième) et le f de neuf devient v (neuvième). Seul « premier / première » est irrégulier ; on abrège 1er, 1re, 2e, 3e.
  • Expression de la quantité (assez de, trop de, peu de...) — Les adverbes de quantité se construisent avec « de » invariable devant le nom : beaucoup de, assez de, trop de, peu de, un peu de, plus de, moins de, autant de, tant de. « De » devient « d' » devant une voyelle et ne change ni au féminin ni au pluriel.

B1 — Seuil

Indépendance communicative · arguments simples · récit construit

Nominal & articles

  • Nominalisation (verbe → nom) — On transforme un verbe en nom à l'aide d'un suffixe : -tion / -ation (créer → création), -ment (changer → changement), -age (laver → lavage), -ure (ouvrir → ouverture), -ance / -ence (assister → assistance). Le complément du verbe devient complément du nom introduit par « de ».
  • Absence d'article (locutions figées) — L'article disparaît dans les ensembles figés : locutions verbales (avoir faim, faire attention, prendre position), après « en » (en voiture, en France), après « sans », et dans les compléments de nom qui qualifient (un sac à main, un jus d'orange, une table en bois).

Verbal & temps

  • Verbes en -oir (voir, recevoir, s'asseoir, falloir) — Verbes irréguliers du 3e groupe : le radical varie selon la personne et le temps. voir : je vois, nous voyons, ils voient ; futur je verrai ; participe vu. recevoir : je reçois, nous recevons, ils reçoivent ; participe reçu. s'asseoir admet deux séries : je m'assieds ou je m'assois.
  • Subjonctif présent — On prend la 3e personne du pluriel du présent sans -ent et on ajoute -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent : ils finissent → que je finisse. Il s'emploie après « que » derrière la volonté, le sentiment, le doute ou la nécessité, et après certaines conjonctions (bien que, pour que, avant que, à condition que).
  • Plus-que-parfait — Auxiliaire avoir ou être à l'imparfait + participe passé : j'avais mangé, elle était partie, il s'était levé. Il exprime une action achevée avant un autre moment passé déjà situé, et s'emploie aussi après « si » pour l'hypothèse non réalisée dans le passé.
  • Futur simple — Une seule série de terminaisons pour tous les verbes : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont, ajoutées à l'infinitif (parler → je parlerai ; finir → je finirai ; prendre → je prendrai, sans le e final). Radicaux irréguliers : être ser-, avoir aur-, aller ir-, faire fer-, venir viendr-, pouvoir pourr-, voir verr-.
  • Voix passive (être + p.p.) — être conjugué au temps du verbe actif + participe passé accordé avec le sujet. Le COD de la phrase active devient sujet ; le complément d'agent est introduit par « par », ou par « de » avec les verbes de sentiment et d'état. L'agent peut rester sous-entendu.
  • Gérondif (en + participe présent) — en + participe présent, formé sur le radical du « nous » au présent + -ant : en parlant, en finissant, en prenant ; irréguliers : en étant, en ayant, en sachant. Il est invariable et exprime la simultanéité, la manière, le moyen ou la condition ; « tout en » ajoute une idée d'opposition.
  • Discours rapporté (présent → imparfait, etc.) — Quand le verbe introducteur est au passé, les temps reculent : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur → conditionnel présent ; l'impératif devient « de + infinitif ». Les pronoms et les repères temporels changent aussi : aujourd'hui → ce jour-là, demain → le lendemain, hier → la veille.
  • Verbes et prépositions (penser à/de, jouer à/de, commencer à) — La préposition dépend du verbe et s'apprend avec lui. Avec « à » : penser à, jouer à (sports, jeux), commencer à, réussir à, apprendre à, aider à. Avec « de » : parler de, avoir besoin de, essayer de, décider de, jouer de (instruments). Sans préposition : vouloir, pouvoir, devoir, espérer, préférer, aller.

Adjectival & accord

  • Accord du p.p. avec avoir (COD antéposé) — Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct uniquement quand celui-ci précède le verbe : pronom COD (le, la, les, me, te, nous, vous), pronom relatif « que », ou COD placé en tête dans une question ou une exclamation.
  • Adjectifs verbaux vs. participes présents — Deux emplois de la forme en -ant. Le participe présent est invariable et fonctionne comme un verbe : il peut avoir un complément d'objet ou un adverbe (ne... pas, en). L'adjectif verbal exprime une qualité et s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie.

Pronominal

  • Ordre des pronoms (doubles) — Devant le verbe, l'ordre est fixe : me / te / se / nous / vous, puis le / la / les, puis lui / leur, puis y, puis en. À l'impératif affirmatif, les pronoms se placent après le verbe, reliés par des traits d'union, et l'ordre devient COD puis COI.
  • Pronoms relatifs (dont, où) — « Dont » remplace un complément introduit par « de » : complément d'un verbe (parler de), d'un nom (le père de) ou d'un adjectif (fier de). « Où » remplace un complément de lieu ou de temps et peut suivre d'où, par où, jusqu'où.
  • Pronoms démonstratifs (celui, celle, ceux, celles) — Quatre formes, accordées avec le nom qu'elles remplacent : celui (masc. sing.), celle (fém. sing.), ceux (masc. plur.), celles (fém. plur.). Elles se complètent par -ci / -là, par « de + nom » ou par une relative (qui, que, dont, où).
  • Pronoms possessifs (le mien, le tien, le nôtre...) — Article défini + forme possessive, accordée avec l'objet possédé : le mien, le tien, le sien, le nôtre, le vôtre, le leur ; au féminin la mienne, la tienne, la sienne, la nôtre, la vôtre, la leur ; au pluriel les miens / miennes, les nôtres, les leurs.
  • Pronom relatif lequel / laquelle / lesquels — Après une préposition, on emploie lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, accordés avec l'antécédent. Avec « à » et « de », il y a contraction : auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles ; duquel, de laquelle, desquels, desquelles.

Adverbial & négation

  • Ne...que (restriction) — « ne... que » signifie « seulement ». « Ne » se place devant le verbe conjugué, et « que » juste devant l'élément sur lequel porte la restriction : déplacer « que » change le sens de la phrase. La forme négative correspondante est « ne... pas que ».
  • Formation des adverbes en -ment — On ajoute -ment au féminin de l'adjectif : lent → lentement, doux → doucement. Si le masculin se termine par une voyelle, on part du masculin : vrai → vraiment, poli → poliment. Les adjectifs en -ant et -ent donnent -amment et -emment.
  • Adverbes de liaison (cependant, pourtant, néanmoins, en revanche) — Ces adverbes relient deux propositions indépendantes ; ils se placent en tête de phrase, après le verbe ou entre virgules, et n'imposent aucun mode particulier. Cependant, pourtant et néanmoins marquent une opposition inattendue ; en revanche oppose deux faits symétriques.

Syntaxe & discours

  • Subordonnée conjonctive (que + subj./indic.) — Après « que », l'indicatif suit les verbes de déclaration, d'opinion et de certitude (dire, penser, croire, savoir, être sûr). Le subjonctif suit les verbes de volonté, de sentiment et de doute (vouloir, souhaiter, aimer, craindre, douter) et les tournures impersonnelles comme il faut que.
  • Subordonnée de temps (quand, lorsque, dès que, avant que, après que) — Quand, lorsque, dès que, aussitôt que et après que se construisent avec l'indicatif ; avant que et jusqu'à ce que avec le subjonctif. Pour une action à venir, le français emploie le futur, ou le futur antérieur quand la subordonnée est antérieure à la principale.
  • Subordonnée de cause (parce que, puisque, comme) — Ces trois conjonctions sont suivies de l'indicatif mais ne s'emploient pas de la même façon : parce que donne une cause nouvelle, généralement après la principale ; puisque rappelle une cause déjà connue de l'interlocuteur ; comme annonce la cause en tête de phrase.
  • Subordonnée de but (pour que + subj., afin que) — Pour que, afin que, de peur que, de crainte que et de sorte que (but) sont toujours suivis du subjonctif, et ne s'emploient que si les deux sujets sont différents. Quand le sujet est le même, on utilise pour, afin de, de peur de + infinitif.
  • Hypothèse (si + présent, futur) — Pour une hypothèse réalisable, on emploie si + présent dans la subordonnée, et le futur simple dans la principale. La principale peut aussi être au présent (fait général) ou à l'impératif (conseil). Après « si », ni futur ni conditionnel.
  • Expression de la concession (bien que + subj., même si) — Bien que, quoique, sans que et encore que sont suivis du subjonctif ; même si, alors que et tandis que sont suivis de l'indicatif. Même si ajoute à la concession une valeur d'hypothèse : on envisage un fait éventuel qui ne change rien au résultat.

B2 — Avancé

Autonomie pleine · argumenter · nuancer · registres

Nominal & articles

  • Nominalisation stylistique — On remplace un verbe ou un adjectif par le nom correspondant (suffixes -tion, -ment, -age, -ité, -esse, -eur) ; le sujet ou le complément du verbe devient complément du nom introduit par « de ». Procédé de l'écrit formel — titres de presse, rapports, résumés — qui condense l'information et efface l'agent.
  • Article zéro (apposition, attribut, prédication) — Après être, devenir, rester et dans les appositions, un nom de profession, de nationalité, de religion ou de fonction s'emploie sans article : il se comporte comme un adjectif. Pas d'article non plus après « en », « comme », « sans », ni dans les titres et les listes. L'article revient dès que le nom est qualifié ou déterminé.

Verbal & temps

  • Subjonctif passé — Auxiliaire avoir ou être au subjonctif présent + participe passé : « que j'aie fini », « que je sois parti(e) ». Il s'emploie dans les mêmes contextes que le subjonctif présent (volonté, émotion, doute, conjonctions), mais lorsque l'action est antérieure ou achevée par rapport au verbe principal.
  • Conditionnel passé (irréel du passé) — Auxiliaire avoir ou être au conditionnel présent + participe passé : « j'aurais fait », « je serais venu(e) ». Il exprime l'irréel du passé (ce qui ne s'est pas réalisé), le regret, le reproche, ou une information non confirmée. Structure type : « Si + plus-que-parfait, conditionnel passé ».
  • Futur antérieur — Auxiliaire avoir ou être au futur simple + participe passé : « j'aurai fini », « je serai parti(e) ». Il marque une action future achevée avant une autre action future, surtout après quand, dès que, lorsque, une fois que, après que. Il sert aussi à formuler une supposition sur le passé.
  • Infinitif passé — Infinitif de avoir ou être + participe passé : « avoir mangé », « être sorti(e) », « s'être levé(e) ». Il exprime une action antérieure à celle du verbe principal, les deux verbes ayant le même sujet. On l'emploie après « après » et après les verbes ou adjectifs qui se construisent avec « de ».
  • Voix passive — nuances stylistiques — Le passif se forme avec être + participe passé accordé avec le sujet, l'agent étant introduit par « par » (action) ou « de » (état, sentiment). Il met l'objet en tête et permet d'effacer l'agent. Concurrents plus naturels : « on », le pronominal passif (« cela se dit ») et « se faire / se voir + infinitif ».
  • Semi-auxiliaires aspectuels (venir de, être en train de, être sur le point de) — Semi-auxiliaire conjugué + infinitif : « venir de » = passé très récent, « être en train de » = action en cours, « être sur le point de » = futur imminent. Ils ne modifient pas le temps de la phrase mais son aspect ; seul le semi-auxiliaire se conjugue, l'infinitif reste invariable.

Adjectival & accord

  • Accords complexes (p.p. verbes pronominaux) — Les verbes pronominaux se conjuguent avec être, mais leur participe s'accorde comme avec avoir : avec le COD s'il est placé avant. Si « se » est COD, l'accord se fait avec le sujet ; si un autre COD suit le verbe, pas d'accord. Les verbes essentiellement pronominaux (s'enfuir, se souvenir) s'accordent avec le sujet.
  • Accord avec collectif / fraction — Après un collectif suivi de « de » (la plupart de, une majorité de, un grand nombre de, la moitié de, un tiers de), le verbe s'accorde généralement avec le complément. Mais après « le nombre de », « la totalité de » et après un collectif déterminé par le ou la (la foule, le groupe), l'accord reste au singulier.

Pronominal

  • Pronoms relatifs composés (auquel, duquel...) — Formes : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, employées après une préposition, surtout pour un antécédent inanimé. Avec « à » et « de », elles se contractent : auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles ; duquel, de laquelle, desquels, desquelles. Pour une personne, « qui » reste possible après la préposition.
  • Pronoms indéfinis (quiconque, nul, aucun, certain, d'aucuns) — « Quiconque » = toute personne qui, avec un verbe au singulier ; « nul » = personne ; « aucun(e) » et « certain(e)s » reprennent un nom déjà cité, souvent suivis de « d'entre nous / eux » ; « d'aucuns » = certaines personnes. Sujets, nul et aucun exigent « ne » devant le verbe. Registre écrit et soutenu.
  • Indéfinis composés (n'importe quel, n'importe qui, quelconque) — « N'importe » + qui, quoi, quel(le)(s), lequel, où, quand, comment : le choix est présenté comme indifférent. « N'importe quel » est un déterminant et précède le nom ; « n'importe qui / quoi » sont des pronoms. « Quelconque » se place après le nom et signifie « n'importe lequel », ou, en emploi familier, « médiocre ».

Adverbial & négation

  • Négations littéraires (ne...guère, ne...point, ne...nullement) — Adverbes de négation soutenus qui encadrent le verbe comme « ne… pas » : « ne… guère » = très peu, à peine ; « ne… point » = pas du tout, littéraire ou archaïsant ; « ne… nullement » et « ne… aucunement » = en aucune façon, négation renforcée. Aux temps composés, ils se placent entre l'auxiliaire et le participe.
  • Adverbes de modalité (certes, effectivement, pourtant, toutefois) — Ces adverbes marquent la position de celui qui parle. « Certes » concède un point avant d'objecter, souvent suivi de « mais » ; « effectivement » confirme un fait ; « pourtant » et « toutefois » introduisent une opposition, « toutefois » étant plus formel. Ils se placent en tête de phrase, après le verbe, ou entre virgules.

Syntaxe & discours

  • Système hypothétique complet (3 degrés) — Trois systèmes fixes, articulés autour de si : si + présent → futur simple (fait possible) ; si + imparfait → conditionnel présent (irréel du présent) ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé (irréel du passé). Le temps de la subordonnée commande celui de la principale.
  • Mise en relief (c'est... que, c'est... qui) — On détache l’élément à souligner entre c’est et qui / que : qui quand cet élément est sujet, que dans tous les autres cas (COD, complément, circonstanciel). Le pronom personnel prend la forme tonique (moi, toi, lui, eux) et c’est devient ce sont devant un pluriel de 3e personne.
  • Inversion du sujet (soutenu/écrit) — À l’écrit soutenu, certains mots en tête de phrase entraînent l’inversion : peut-être, sans doute, à peine, ainsi, aussi, encore, du moins, tout au plus. Avec un pronom, inversion simple (vint-il) ; avec un groupe nominal, inversion complexe : le nom reste devant et un pronom de reprise suit le verbe.
  • Propositions participiales — La participiale est une subordonnée sans conjonction dont le noyau est un participe présent, passé ou composé. Elle est absolue quand elle possède son propre sujet, exprimé devant le participe ; elle exprime alors la cause, le temps ou la condition et se sépare de la principale par une virgule.
  • Subordonnée de conséquence (si bien que, de sorte que, tant que...) — La conséquence se construit soit avec une conjonction en tête de subordonnée (si bien que, de sorte que, de telle façon que, au point que), soit en corrélation : si / tellement + adjectif ou adverbe + que, tant / tellement de + nom + que, verbe + tant que. Le verbe subordonné est à l’indicatif, le fait étant réalisé.
  • Expression de l'opposition (alors que, tandis que, au lieu de) — L’opposition met en parallèle deux faits également réels, sans obstacle entre eux. Alors que et tandis que introduisent une proposition à l’indicatif ; au lieu de est suivi de l’infinitif quand le sujet est le même ; contrairement à et à l’inverse de se construisent avec un nom ou un pronom.
  • Connecteurs du discours écrit (or, en effet, en outre, quant à) — Ces connecteurs organisent le raisonnement écrit : or introduit un fait nouveau qui fait basculer l’argumentation ; en effet justifie ou confirme ce qui vient d’être dit ; en outre, de plus et par ailleurs ajoutent un argument ; quant à, suivi d’un nom ou d’un pronom tonique, change de thème.

C1 — Autonomie

Maîtrise étendue · style · implicites · complexité

Nominal & syntaxe nominale

  • Groupes nominaux complexes (expansion multiple) — Le nom noyau peut recevoir plusieurs expansions cumulées : adjectifs ou participes épithètes, compléments du nom introduits par de, à, en, propositions relatives, appositions. L’ordre habituel va du plus soudé au plus détaché, chaque expansion se rattachant au nom le plus proche.
  • Substantivation (adjectifs et verbes employés comme noms) — Un adjectif ou un infinitif devient nom dès qu’un déterminant le précède : le masculin singulier donne un abstrait (le beau, le vrai), l’article défini ou indéfini avec un adjectif de qualité désigne des personnes (les riches, un blessé). On nominalise aussi le verbe par suffixation : -tion, -ment, -age, -ure.

Verbal & modes

  • Subjonctif imparfait & plus-que-parfait (littéraire) — Le subjonctif imparfait se forme sur le passé simple : radical de la 2e personne du singulier + -sse, -sses, -ssions, -ssiez, -ssent, avec accent circonflexe à la 3e du singulier (que je chantasse, qu’il chantât ; que je fusse, qu’il fût). Le plus-que-parfait est eusse ou fusse + participe passé. Emploi littéraire, après une principale au passé.
  • Passé simple (textes narratifs) — Temps du récit écrit, il présente l’action comme un fait ponctuel et achevé qui fait avancer l’histoire, tandis que l’imparfait installe le décor. Terminaisons : -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent (1er groupe) ; -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent ; -us…-urent ; -ins…-inrent (venir, tenir).
  • Conditionnel journalistique (non-validation de l'info) — Le conditionnel dit d’information ou de reportage signale que le journaliste rapporte une donnée sans la prendre à son compte : présent pour un fait actuel, passé pour un fait accompli. Il équivaut à selon des sources, il semble que, et se combine souvent avec d’après ou selon.
  • Modalité verbale fine (devoir / pouvoir / falloir — valeurs multiples) — Ces verbes cumulent deux séries de valeurs. Déontique : devoir = obligation, pouvoir = permission, falloir = nécessité (il faut + infinitif, il faut que + subjonctif). Épistémique : devoir = forte probabilité, pouvoir = possibilité, et au conditionnel (devrait, pourrait) l’assertion s’atténue en prévision ou en conseil.
  • Infinitif de narration (pour + inf., voilà + inf.) — Procédé de récit littéraire : l’infinitif tient lieu de verbe conjugué. Il est le plus souvent introduit par de après et, pour marquer une réaction vive et immédiate ; voici, voilà + infinitif présentent une action qui surgit ; pour + infinitif ferme le récit sur son issue.

Pronominal & référence

  • Coréférence et cohésion textuelle — Un même référent se reprend le long du texte par une chaîne : pronom (il, celui-ci, en, y), déterminant défini ou démonstratif devant un nom déjà connu, substitut lexical (synonyme, hyperonyme, périphrase). On alterne ces reprises et on réintroduit le nom propre dès qu’un autre référent du même genre s’intercale.
  • Emploi stylistique du pronom on — « On » est un pronom sujet de 3e personne du singulier : le verbe reste toujours au singulier, mais l'attribut et le participe peuvent s'accorder avec les personnes réellement désignées. Selon le contexte il vaut « les gens » (générique), « quelqu'un », « nous » (courant), voire « tu » ou « je » par effet de style.

Adverbial & modalité

  • Adverbes de modalité épistémique (apparemment, vraisemblablement, soi-disant) — Ces adverbes situent l'énoncé sur une échelle de certitude et portent sur toute la phrase : en tête, après l'auxiliaire ou le verbe conjugué, ou en incise. Du plus fort au plus faible : certainement, sûrement, vraisemblablement, probablement, sans doute, apparemment, peut-être. Ils se construisent avec l'indicatif.
  • Figures de style impliquant la négation (litote, euphémisme) — La litote nie le contraire pour suggérer davantage : négation + antonyme ou terme faible (« ce n'est pas mauvais » = c'est excellent). L'euphémisme, lui, remplace un mot jugé brutal par une formulation adoucie (« il nous a quittés »). Dans les deux cas, la forme s'atténue pour que le sens se renforce ou se ménage.

Syntaxe complexe & figures

  • Phrases clivées et pseudo-clivées — La clivée extrait un élément pour le mettre en relief : c'est + élément + qui (si l'élément est sujet) ou que (toute autre fonction). Le verbe de la relative s'accorde avec l'élément clivé. La pseudo-clivée fait l'inverse : ce qui / ce que / ce dont… + c'est + élément, qui reçoit le focus en fin de phrase.
  • Constructions détachées (appositions, épithètes détachées) — Un groupe nominal, adjectival ou participial isolé par une virgule (en tête, en incise ou en fin de phrase) forme une prédication seconde qui se rapporte au sujet et ajoute une valeur de cause, de temps ou de concession. Placé en tête, le nom apposé se passe le plus souvent de déterminant.
  • Ellipse et pro-formes (le faire, le, en, y anaphoriques) — Pour éviter la répétition, le français dispose de pro-formes : « le » neutre reprend une proposition ou un attribut, « en » un groupe introduit par de (ou un partitif), « y » un groupe introduit par à, et « le faire » tout un groupe verbal. L'ellipse, elle, supprime purement l'élément que le contexte permet de reconstruire.
  • Registres de langue (soutenu / courant / familier / argotique) — Le registre se marque à trois niveaux : le lexique (se restaurer / manger / bouffer), la syntaxe (inversion « Où allez-vous ? », « est-ce que », ou ordre non marqué « Tu vas où ? ») et la prononciation. Un texte doit rester homogène : le mélange de registres produit une rupture, parfois voulue, souvent involontaire.
  • Syntaxe de l'écrit académique (nominalisation, passivation, impersonnel) — L'écrit académique efface l'énonciateur par trois procédés : la nominalisation (« les prix ont augmenté » devient « l'augmentation des prix »), la passivation sans complément d'agent (« les données ont été recueillies ») et les tournures impersonnelles (« il apparaît que », « il convient de », « on observe que »).

C2 — Maîtrise

Précision absolue · style · variation · métalangue

Nominal & stylistique

  • Euphonie et liaisons obligatoires/interdites/facultatives — La liaison est obligatoire à l'intérieur du groupe : déterminant + nom (les amis), pronom + verbe (nous avons), adjectif antéposé + nom (un grand homme), après un monosyllabe grammatical (en avion, très utile). Elle est interdite après « et », devant un h aspiré et après un nom singulier ; ailleurs elle est facultative et croît avec le registre.
  • Genre des noms — cas problématiques — Trois zones à risque : les masculins d'allure féminine (un âge, un incendie, un pétale, un astérisque, un intervalle, un tentacule), les féminins d'allure masculine (une oasis, une échappatoire, une anagramme, une atmosphère, une ecchymose) et les homonymes dont le genre distingue le sens (un/une livre, tour, mode, voile, manche).

Verbal — maîtrise complète

  • Tous les temps et modes (production contrôlée) — À ce niveau, le temps n'est plus une forme à fabriquer mais un choix à justifier : imparfait pour l'arrière-plan, passé simple ou passé composé pour le premier plan, plus-que-parfait pour l'antériorité. Le mode indique le statut du fait : indicatif (asserté), subjonctif (visé, apprécié, mis en doute), conditionnel (hypothétique ou non confirmé).
  • Aspect verbal — maîtrise des nuances — L'aspect décrit le déroulement du procès, non sa date : accompli (il a mangé) contre non accompli (il mange), sécant et duratif (imparfait) contre global et borné (passé simple). Les périphrases précisent la phase : être en train de (cours), se mettre à (début), venir de (achèvement récent), finir de (terme).
  • Périphrases aspectuelles rares (aller + inf. passé, ne faire que + inf.) — Formes rares mais idiomatiques : aller + infinitif passé exprime un accompli à venir (« à midi, je vais avoir terminé ») ; aller en + participe présent marque une progression continue (« le mal va en empirant ») ; ne faire que + infinitif signale la répétition ou la restriction, tandis que ne faire que de + infinitif marque le passé tout récent.
  • Concordance des temps dans les récits historiques — Le récit historique écrit s'organise autour du passé simple (faits de premier plan), de l'imparfait (arrière-plan, description, habitude), du plus-que-parfait ou du passé antérieur (antériorité) et du conditionnel présent employé comme futur du passé. Le présent de narration ne s'utilise que ponctuellement, pour dramatiser une scène.

Adjectival & accord — cas extrêmes

  • Adjectifs invariables (marron, chic, bon marché...) — Restent invariables : les adjectifs de couleur tirés d'un nom (marron, orange, cerise, or, argent), toute couleur composée ou nuancée (bleu clair, vert foncé, bleu-vert), plusieurs emprunts (chic, snob, standard, kaki) et les locutions du type bon marché. Ils ne prennent alors ni marque de genre ni marque de nombre.
  • Accord des adjectifs dans les expressions figées — Placés devant le nom, demi et nu restent invariables et prennent un trait d'union (une demi-heure, nu-pieds) ; placés après, ils s'accordent (deux heures et demie, pieds nus). Même règle de position pour ci-joint, ci-inclus, plein, excepté, vu, y compris : invariables en tête de groupe, accordés après le nom.

Pronominal — cas marginaux

  • Pronom neutre le (attribut & proposition) — Le pronom neutre le (l' devant voyelle) reprend un adjectif, un nom attribut ou toute une proposition, jamais un objet concret. Il est invariable en genre et en nombre et se place devant le verbe. On le trouve après être, devenir, paraître et après savoir, croire, dire, espérer, vouloir.
  • Constructions pronominales à valeur passive (se vendre, se dire, se faire) — Forme : sujet le plus souvent inanimé + se + verbe à la 3e personne. Le sujet subit l'action et l'agent reste inexprimé : ce livre se vend bien équivaut à il est bien vendu. Emploi courant pour les usages, les habitudes et les normes. Se faire + infinitif garde la valeur passive tout en permettant un agent introduit par par.

Adverbial & style

  • Hyperbate, anacoluthe, zeugme (figures syntaxiques) — Trois ruptures de construction volontaires. Hyperbate : ajout d'un segment après la clôture apparente de la phrase. Anacoluthe : le sujet annoncé n'est pas celui du verbe qui suit, la construction change en cours de route. Zeugme : un seul mot régit deux compléments de nature ou de registre différents.
  • Ironie, sous-entendu, implicite pragmatique — L'implicite se lit à côté du sens littéral. Le présupposé tient au mot lui-même et survit à la négation (il a cessé de fumer suppose qu'il fumait) ; le sous-entendu naît du contexte et peut être annulé ; l'ironie fait entendre le contraire de ce qui est dit, signalée par l'intonation, l'hyperbole ou le décalage avec la situation.

Syntaxe & métalangue

  • Métalangue grammaticale complète — Distinguer la nature (classe du mot : nom, déterminant, adjectif, pronom, verbe, adverbe, préposition, conjonction, interjection) et la fonction (rôle dans la phrase : sujet, COD, COI, attribut, épithète, apposition, complément circonstanciel). Un mot conserve sa nature mais change de fonction selon la phrase.
  • Variation sociolinguistique (diatopique, diastratique, diaphasique) — Trois axes de variation : diatopique (selon le lieu : septante, char, déjeuner pour le repas de midi), diastratique (selon le milieu social, la génération, le niveau de scolarisation), diaphasique (selon la situation : registres familier, courant, soutenu). Le français standard est une variété parmi d'autres, dominante à l'écrit et à l'école.
  • Syntaxe de la phrase complexe — ambiguïté et désambiguïsation — L'ambiguïté vient surtout du rattachement (à quel nom se rapporte la relative, le participe ou le groupe prépositionnel), de la portée de la négation ou des quantifieurs, et des pronoms à antécédent multiple. On désambiguïse en rapprochant l'élément de son support, en ponctuant, en reprenant le nom, ou en scindant la phrase.
  • Rhétorique et argumentation écrite formelle — Un texte argumentatif formel enchaîne thèse, arguments hiérarchisés, exemples et réfutation des objections, selon le schéma concession puis restriction (certes… mais ; s'il est vrai que… il n'en reste pas moins que). Les connecteurs marquent le mouvement réel de la pensée : d'abord, en outre, or, dès lors, en revanche, en définitive.
  • Rectifications orthographiques (1990) et variation normative — Les rectifications de 1990 admettent, sans les imposer : l'accent circonflexe facultatif sur i et u (parait, cout, ile), l'accent grave conforme à la prononciation (évènement, règlementaire), la soudure de nombreux composés (weekend, portemonnaie) et le pluriel régulier des composés (des après-midis). Les deux graphies sont correctes.